« C’est une histoire renversante. Pour une fois qu’on est dans un théâtre, on va en profiter. Je ne suis pas d’ici. Je viens du cirque. 100 %. Les chapiteaux, la boue, les chaussures de sécurité, les caravanes qu’on conduit avec des chapeaux de cowboy, les numéros de 7 min avec 3 essais -on fait semblant de louper 2 fois avant de réussir à la 3e, chaque minute est comptée-, le funambulisme et le vertige, les années d’entraînement sur un geste pour chercher les limites, les gros bras sinon on n’existe pas. Le cirque parle de plus en plus. Moi aussi. Dans un théâtre, j’ai pas le bon code. Je compte bien sur mes 3 essais quand même.
De là, on déplie.
Installer notre paysage de cirque dans un théâtre, sur un plateau vide! C’est le Vercors. Ça se précise !
En face, un gradin, avec des gens, des vrais, une belle piste. Derrière, des perches, des projecteurs, des pendrillons et même des rues, un pont… le théâtre ! Des loges, un balcon pour faire du Shakespeare. Quelqu’un sait parler anglais ? y’a même un piano sur scène, ils ont oublié de l’enlever. Quelqu’un sait l’utiliser ? Ca va nous maintenir. Faut y aller, sinon il ne va rien se passer. Qui se dévoue ?
On ouvre ? On va faire un opéra comique. La vie de ma mère. On va profiter de tout ce qu’on trouve.
Vous voyez ces 3 bouts de bois ? C’est une crête avec de la neige dessus, une montagne, un précipice, une ligne de vie, une liaison de ventre à ventre, la peur de la chute, le sommet pas si loin mais pas gagné quand même, nos impressions dans un micro. Belle promesse…
Je vais avoir besoin de quelqu’un qui n’a pas l’habitude de faire ça. On va faire comme si on était encordés, mais sans la corde. On va tenter de monter à 47 cm de haut ! Alors, qui veut y aller ? C’est une histoire physique, un contrepoids, une logique de survie. Tout seul, ça ne se fait pas.
De beaux vertiges se précisent, un chevalier en armure, des plaines à perte, des crânes… Ben oui, on est dans un théâtre ! Je vous l’avais dit, j’ai pas les codes.
J’entends déjà le piano qui se réveille, c’est un début.
La vie de ma mère, je vous jure »
Olivier Debelhoir
D’un Ours est une compagnie de cirque.
Nous tentons une écriture de cirque explorant le vertige et le partage de celui-ci. Tous les supports sont bons : arts acrobatiques, chant, texte, etc. La parole est une constante, pas un dogme.
Nous ne cherchons pas à repousser nos limites mais à faire du lien avec.
Nos spectacles, vivants, nous poussent à jouer et à tourner, nous confronter.
Olivier Debelhoir
Olivier Debelhoir né en mai 1982 à Poitiers, l’ouest loin. A 11 ans, il apprend le fil à l’école Nationale de Cirque de Châtellerault. Après le bac, il passe 4 ans à l’école de cirque de Marseille, Théâtres Acrobatiques, dirigée par Jonathan Sutton. Je m’y spécialise en vélo et portés. En 2005, sa première compagnie, Chérid’Amour. 4 hommes sur un vélo. Chair Exquis, le Russe Blanc. En 2009, sa deuxième compagnie, Des Clous. Avec Rémy Luchez, ils fabriquent Nichons là, duo cow boy sous chapiteau. Il y explore des formes d’équilibre. Sur une chaise, une échelle, une bêche, avec ombrelle ou balancier. En 2013, commence un nouveau cycle : la compagnie d’un Ours. Désormais, il parle. Une écriture de cirque qui partage le vertige. Il met des skis pour que ça glisse. En 2015, ils fabriquent Un soir chez Boris, solo de cirque sous yourte sous le regard de Pierre Déaux. En 2017, ils fabriquent l’ouest loin, solo de cirque pour pistes ouvertes. En 2020, Une Pelle, ascension pour deux non-funambules.
Il travaille également pour Attention Fragile, Un loup pour l’homme, Mathieu Ma Fille Foundation.
Des fois, il enseigne. Le cirque, le taiji.
Il vit à Die. Le Vercors, un orient proche.
Avec le soutien de l’Onda – Office national de diffusion artistique